Nouvelles

Nous sommes des entreprises québécoises qui cumulent une contribution de plus de 3,5 milliards de dollars à la vitalité du Québec, déployées aux quatre coins de notre territoire, soutenant notre colonne vertébrale économique. Notre collègue, Frédéric Verreault de Chantiers Chibougamau, signait récemment un billet sur les mythes du cheap labour de la main-d’œuvre étrangère dans nos usines, expliquant les périls du monstre à deux têtes de la gestion de la main-d’œuvre issue de l’immigration. Non seulement nous souscrivons à ce message, mais nous nous additionnons aujourd’hui pour enrichir un débat critique.
Nous sommes en bonne santé, en dépit du contexte mondial qui ébranle tous les exportateurs, offrant des milieux de travail dignes, dans la plupart des cas syndiqués. Nos recrues internationales font partie intégrante de nos équipes et de nos communautés. Autant ils gagnent leur ancienneté dans nos organisations, autant notre système les maintient sur la corde raide, à la case départ, avec les chaotiques et incompréhensibles renouvellements de permis, dont le processus à Ottawa a significativement empiré ces derniers mois.
Il faut, une fois pour toutes, reconnaitre que nos employé.e.s n’ont rien de temporaire et cesser de confondre la main-d’œuvre manufacturière avec la main-d’œuvre saisonnière. Cette méprise ne peut plus aligner les débats publics sur le sujet. C’est un beau problème : on a besoin de monde au Québec et, si encourager la natalité a de nombreux mérites, on ne peut collectivement attendre 20 ou 25 ans les bienfaits d’un éventuel baby-boom. On est condamnés à marcher et mâcher de la gomme en même temps.
S’il existait un programme de recrutement international plus compétent pour l’immigration économique, conséquent avec ces défis démographiques, nous y aurions naturellement recours.
Les statistiques relatives aux personnes ayant un statut temporaire donnent le vertige, à juste titre. Cette situation est toutefois empirée au Québec avec une incapacité systémique de personnes socialement intégrées et appréciées ici depuis des années à migrer vers la colonne statistique enviable de la résidence permanente, comme on l’observe notamment chez nos voisins ontariens.
Sans d’aucune manière niveler vers le bas la prépondérance du français dans nos milieux de travail et nos communautés, il faut nommer l’éléphant dans la pièce. Pour sécuriser sa contribution parmi nous, une personne en démarche de francisation doit afficher des compétences pointues en matière de syntaxe française et une maitrise de termes comme « dithyrambique », avec des tests made in France. C’est ridicule. Une dose de pertinence et de discernement ferait à elle seule une immense différence à ce chapitre.
Aucune formation politique ne s’est présentée à nous avec un cadre financier qui présumait d’un recul de la création de richesse. Mais celle-ci se génère avec des matières premières, des équipements, des robots mais un minimum de personnes compétentes, travaillantes et engagées aussi. On ne s’en sort pas. Et la contribution de la main-d’œuvre dite « étrangère » et « temporaire », surtout celle déjà installée ici, est irremplaçable.
Avec la mobilité internationale, dans un environnement de concurrence mondiale, c’est le Québec que ces personnes de cœur ont choisi de venir bâtir avec nous. Pas « contre » nous. Qu’on freine l’arrivée de nouvelles personnes est une chose qui mérite d’être considérée en regard de la capacité d’accueil. Mais qu’on expulse celles et ceux déjà intégrés en est une autre. Vivement que la décence, le respect et la sérénité accompagnent un regard neuf, à Ottawa comme à Québec, pour en arriver à des solutions responsables. Nous avons besoin que cela se retrouve au sommet d’un nouveau chapitre de collaboration qui s’ouvre entre nos deux paliers de gouvernements.
Respectueusement,
Karina Massicotte, PDG, Aliments Morehouse Canada ltd
Daniel Pelletier, Président, Artopex Inc.
François Roberge, Président-directeur général, Boutique la Vie en Rose Inc.
Stefany Suess Bouchard, Codirectrice, BPDL Béton Préfabriqué
Thomas Tropea, Codirecteur, BPDL Béton Préfabriqué
Louis-Marie Beaulieu, O.Q., FCPA, C. Dir., Président du conseil et chef de la direction,
Groupe Desgagnés Inc.
Emmanuel Duchesne, Président et chef de la direction, exo-s
René Tremblay, Président, Groupe Mundial
Harold Savard, Président directeur-général, Groupe Novatech
Jacques Tanguay, Président et chef de la direction, Groupe Océan
Erick Bellefleur, PDG, Innotex Inc.